Après les fêtes, beaucoup ressentent le besoin de « faire plus attention », de retrouver de l’énergie ou de se sentir mieux dans leur corps. Le surpoids devient alors un sujet central, souvent abordé sous l’angle des régimes restrictifs. Pourtant, ces approches montrent leurs limites : frustration, effet yo-yo, fatigue…
La naturopathie propose une vision différente. Elle s’intéresse aux causes profondes du surpoids : déséquilibres digestifs, hormonaux ou émotionnels, hygiène de vie inadaptée, stress chronique ou manque de vitalité. Maigrir « à tout prix » n’est pas l’objectif premier. Par contre, rétablir un terrain propice à un poids « qui vous va » respectera le fonctionnement naturel de votre corps.
Dans cet article, nous verrons en quoi consiste le surpoids, quelles en sont ses complicationes et ses facteurs favorisants. Enfin, nous verrons comment le naturopathe peut vous accompagner de manière globale, progressive et personnalisée, en s’appuyant sur l’alimentation, le mode de vie et des solutions naturelles, pour retrouver équilibre, bien-être et sérénité — bien au-delà des bonnes résolutions de janvier.
Surpoids, qu’en est-il exactement ?
Selon Sciensano, « 49 % des Belges sont en surpoids et parmi eux, 18 % souffrent d’obésité. Presqu’un tiers de la population âgée de 10 ans et plus essaie de maigrir et 21 % de ces personnes font appel à des méthodes dangereuses pour la santé afin de perdre du poids. «
Le surpoids et l’obésité sont définies comme une accumulation anormale ou excessive de graisse qui a des conséquences néfastes pour la santé.
Ils sont définis à partir de l’indice de masse corporelle (ou IMC). L’IMC d’une personne se calcule en divisant le poids par la taille au carré (IMC = poids (kg) / taille² (m)).
Selon l’OMS, nous parlerons :
- d’insuffisance pondérale si l’IMC est < à 18,5
- de corpulence normale pour un IMC compris entre 18,5 et 25
- de surpoids si l’IMC est > à 25
- d’obésité lorsque l’IMC est > à 30
Toutes les masses grasses se valent-elles ?
Une accumulation de masse grasse sous la ceinture, appelée surpoids « gynoïde » aurait comme complication une paresse du retour veineux et des risques thrombo-emboliques augmentés, ainsi qu’une accélération des procesus arthrosiques sur les genoux et les hanches.
Une accumulation excessive de masse grasse au-dessus de la ceinture, appelée surpoids « androïde » ou mixte, serait un facteur de risque de diabète et de maladies cardio-vasculaires.
Elle peut être objectivée par le rapport taille-hanche (RTH). Il suffit de mesurer le tour de taille le plus petit et le tour de hanches le plus large.
Chez la femme, le RTH normal est compris entre 0,65 et 0,85; chez l’homme, entre 0,85 et 1.
Surpoids androïde ou mixte si le RTH est supérieur à 0,85 (femme) ou 1 (homme)
Surpoids gynoïde si le RTH est inférieur à 0,65 (femme).
Mais à quoi sert la graisse ?
La graisse joue un rôle de réserve énergétique, elle sert d’isolant thermique. Elle a également des fonctions hormonales : sécrétion de la leptine ou encore d’oestrogènes. Enfin, elle sert d’éponge à tout ce qui est soluble dans la graisse, dont les perturbateurs endocriniens ou les vitamines liposolubles (A, D, E, K).
Quelles sont les complications du surpoids ?
Outre les problèmes estétiques ou d’estime de soi, d’un point de vue de santé, le surpoids favorise des problèmes tels que l’arthrose, les troubles du retour veineux, de nombreuses complications lors d’une grossesse, une accumulation de graisse dans le foie, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, le syndrome métabolique, les cancers hormono-dépendants, l’apnée du sommeil, la dépression, un vieillissement accéléré et une espérance de vie réduite.
Qu’est-ce qui influence notre poids ?
Des prédispositions génétiques
Les obésités exclusivement génétiques sont rares et nécessitent une prise en charge médicale. Il existe par contre une sensibilité génétique au surpoids mais celle-ci ne conduit à la prise de poids que si l’alimentation est inadéquate et/ou l’environnement défavorable. il est admis que la malnutrition in utéro aura un impact direct sur la santé de l’enfant après sa naissance.
L’alimentation
Parmi les facteurs obsésogènes (favorisant la prise de poids), citons :
- La viande : riche en fer, accélérateur des phénomènes inflammatoires et facteur de croissance de bactéries indésirables dans le colon. La viande est riche en acides gras saturés qui captent les perturbateurs endocriniens et favorisent l’inflammation. Elle contient également des acides aminés qui empêchent le passage dans le cerveau du tryptophane, l’acide aminé nécessaire pour fabriquer la sérotonine, ce qui augmente la tension pulsionnelle alimentaire, l’attirance pour les glucides et l’alcool.
- Les sucres rapides : ceux-ci passent rapidement dans le sang. Or, la glycémie, taux de sucre dans le sang, est une donnée qui ne supporte pas de grandes variations. Lorsque la glycémie augmente, le pancréas sécrète de l’insuline. Le rôle de l’insuline est de faire rentrer le sucre dans la cellule. Si la glycémie augmente rapidement, le pancréas sécrète de l’insuline de façon massive. Le résultat sera une hypoglycémie tout aussi inconfortable que l’hyperglycémie de départ. L’organisme réagira en provoquant la sensation de faim… avec une glycémie qui fera le yoyo tout au long de la journée. A long terme, voire moyen terme, l’organisme va développer une résistance périphérique à l’insuline. Le pancréas fabriquera davantage d’insuline … pour finalement développer un diabète. De plus, ces sucres, s’ils ne sont pas utilisés directement, sont transformés par le foie en triglycérides et stockés dans … le tissu adipeux.
- Le sel : dépourvu de calories, il a cependant la particularité de donner soif, la tendance étant de se tourner vers les sodas, rches en sucre. Le sel est, de plus, un facteur de risque d’hypertension artérielle.

Le stress
Le stress prolongé fait prendre du poids car il engendre une augmentation du taux de cortisol qui provoque le stockage de graisse (surtout abdominale). Ce cortisol modifie également notre appétit qui devient plus important et oriente nos choix alimentaires vers des produits plus gras et sucrés. Notons que le stress épuise souvent nos réserves de magnésium.
De plus, plus le taux de cortisol grimpe, plus le taux de sérotonine baisse. La sérotonine, appelée aussi l’hormone du bonheur, permet un comportement calme, prudent et réfléchi. Carencée, la personne devient irritable, impulsive, allant parfois vers des comportements compulsifs ou addictifs. Sachons que 90% de la sérotonine est produite à partir des intestins et qu’elle est le précurseur de la mélatonine, neurotransmetteur qui joue un rôle important dans l’endormissement.

Notre microbiote intestinal
Depuis plusieurs années, les scientifiques s’intéressent au lien entre microbiote intestinal et surpoids ou obésité. Des études montrent que les personnes obèses présentent un microbiote peu diversifié. Le microbiote pourrait être impliqué dans notre métabolisme énergétique : en dégradant les résidus de nos aliments, les bactéries intestinales fournissent de l’énergie à notre organisme. Par ailleurs, les bactéries de notre microbiote sécrètent diverses molécules qui influencent la prise de poids, le stockage des graisses, mais aussi notre appétit.

Une thyroïde qui tourne au ralenti
La thyroïde est une petite glande que nous avons à la base du cou et qui produit les hormones thyroïdiennes. Il s’agit d’un véritable chef d’orchestre de notre système endocrinien. Les hormones thyroÏdiennes intensifient le métabolisme de base, participent à la thermogénèse, accroissent la consommation de l’organisme en énergie et en oxygène, accélèrent le métabolisme des glucides, lipides et protéines.
La thyroïde est très sensible et se dérègle facilement : lorsque la glande fonctionne au ralenti (hypothyroïdie) , le métabolisme de base est ralenti et nous prenons du poids. En cas d’hyperthyroïdie, la suractivité de la glande engendre un amaigrissement.
Les causes d’hypothyroïdie sont nombreuses. Parmi elles, les carences nutritionnelles d’iode (absorbé au niveau intestinal), de magnésium, de vitamine B12, de sélénium, de zinc, de progestérone, vitamine D, ferritine, omégas 3…
De plus, 99 % des hormones thyroïdiennes sont liées à des protéines synthétisées principalement par le foie.
Les excès d’oestrogènes peuvent également être une cause d’hypothyroïdie.

L’inflammation de bas grade
On ne parle pas d’une inflammation aigüe mais bien d’inflammation chronique, silencieuse et qui touche l’ensemble des tissus. Lorsqu’on accumule plus de graisses dans le tissu adipeux, une réaction immunitaire se produit. Les globules blancs libèrent des messagers qui entrainent une inflammation de l’organisme entier et endommagent les récepteurs à l’insuline.
Comment le naturopathe peut-il s’inscrire dans votre parcours pour perdre du poids ?
Dans le cadre d’une perte de poids, il ne s’agit pas simplement de “faire régime”, mais de comprendre pourquoi le corps stocke ou résiste à la perte de poids. Lors de la première consultation, le naturopathe réalise un bilan de vitalité. Celui-ci permet d’évaluer votre terrain : niveau d’énergie, digestion, émotions, habitudes alimentaires, activité physique, antécédents, etc. Nous l’avons vu, les freins à la perte de poids sont nombreux. Le naturopathe veillera particulièrement à déceler les causes profondes de la prise de poids. Contrairement à certaines approches, le naturopathe ne vous impose pas un régime strict ou frustrant. Il vous propose une stratégie adaptée à votre situation. La composition familiale, le goût ou non pour la cuisine, les équipements électro-ménagers à disposition, le temps moyen consacré à la préparation des repas, … sont autant de questions qui font partie de ce premier bilan, permettant de personnaliser au maximum les conseils prodigués.
Les objectifs poursuivis dépendront bien sûr du bilan de vitalité, mais d’une façon générale, débutent la plupart du temps par un travail sur les intestins (désenflammer, régulariser le transit intestinal) tout en soutenant le système nerveux. Dans un second temps, nous veillerons à apporter les micronutriments nécessaires.
Tout au long de ce travail, nous tâcherons de mettre en place de nouvelles habitudes alimentaires, mais aussi d’hygiène de vie.
Les outils à disposition du naturopathe pour vous aider à perdre du poids sont nombreux et variés :
- conseils alimentaires, recettes de cuisine appropriées, « trucs » qui permettent de gagner du temps en cuisine, …
- phytothérapie : désenflammer les intestins, réparer la muqueuse intestinale, soutenir le système nerveux, équilibrer la glycémie, détoxifier l’organisme, …
- nutrithérapie : apport des micronutriments pour lesquels une carence pourrait avoir été décelée
- aromathérapie : utilier les huiles essentielles pour soutenir le système nerveux ou soulager un système digestif, …
- drainage lymphatique manuel pour soutenir le processus de détoxification
- conseils en hygiène vitale : améliorer la qualité du sommeil, se remettre en mouvement, …
D’ores et déjà, quelques conseils de votre naturopathe pour perdre du poids
- Éviter les restrictions alimentaires qui provoquent des carences et pousse à la frustration. Viser une alimentation hypotoxique (et pas hypocalorique).
Il s’agit de mieux manger et non de moins manger. - Boire, boire, boire ... de l’eau bien entendu.
Idéal pour favoriser le drainage des tissus et tendre à évacuer les déchets de l’organisme. - Accompagner votre perte de poids avec une activité qui vous fait du bien :
aller marcher après le repas, une balade en famille, …
Dans tous les cas, la sédentarité est l’ennemie de la perte de poids. - Une bonne dose de graisses riches en oméga 3 et des oléagineux qui aident à réguler le poids.
- Prenez soin de vos intestins et de votre thyroïde.
- Limiter la consommation de sucre (surtout raffiné).
- Favoriser des activités qui vous détendent et apprenez à gérer votre stress.
- Penchez-vous sur la chrononutrition, sujet passionnant qui invite à donner au corps ce dont il a besoin au bon moment de la journée. Parfois il suffit juste de garder les mêmes aliments mais de modifier le moment de leur ingestion : celui-ci plutôt le matin pour accompagner la dopamine, celui-là plutôt à 16h pour favoriser le sommeil (mélatonine), …
Un poids qui vous va, c’est possible
N’hésitez pas à faire appel à un naturopathe pour comprendre les causes profondes de vos déséquilibres, recevoir un accompagnement global et personnalisé, asopter une hygiène de vie naturelle, durable et respectueuse de votre corps.
En naturopathie, je vous propose une démarche bienveillante, loin des régimes restrictifs, qui permet de retrouver la légèreté du corps et de l’esprit.





